Comprendre l’étymologie des faux amis en espagnol... entendido !

Comprendre l’étymologie des faux amis en espagnol... entendido !

par Germain TEILLETCHE


Faux amis espagnol


Comprendre l’étymologie des faux amis pour mieux les comprendre
Travaux réalisés par les latinistes / hellénistes de troisième.

Le verbe « demandar » signifie « poursuivre » en français et non demander, c’est donc un faux ami ! Il vient du mot latin « demandare » qui lui-même signifie « confier » en français. En espagnol, le sens de l’étymon est légèrement modifié : pour « confier » quelque chose à quelqu’un, il faut l’atteindre, se porter vers lui.

Le verbe « discutir » signifie « être en désaccord » en français, et non discuter, c’est donc un faux ami ! Il vient du mot latin « discutio » qui lui-même signifie « fendre » en français. Le lien entre les deux mots est que, lorsque deux personnes (ou plus) sont en désaccord, il y a une décision à prendre, une position à « trancher ».

  • « Lucido  » signifie « splendide » en français et non « lucide ».
  • Il vient du participe passé de « lucir » en espagnol.
  • l’étymon est le latin « lucidus » : « clair, brillant, éclatant de lumière » (« lux » en latin : la lumière)
  • Un objet « lucido » est « splendide » : il éblouit comme une lumière.
  • « mesa  » signifie « table » en français et non « messe ».
  • il vient du latin mensa ( table)
  • la traduction reste la même en latin et en espagnol.

Atender :

  • signifie « se soucier de » en français et non « attendre ».
  • vient du latin « attendere » qui signifie « être attentif à ; porter son attention à », du latin « ad » (vers) et « tendo » (tendre, se diriger).
  • en latin « être attentif à et porter son attention » Le sens d’ « atender » (« se soucier de ») est donc bien lié au latin « attendo » qui évoque l’attention, le souci que l’on porte à quelque chose.

Batir :
signifie « battre » en français et non « bâtir ».
vient du latin « battuere » qui signifie « battre » (il est aussi l’étymon du français « battre »).
le mot a la même signification en espagnol et en latin.

Charlatan  :
« Charlatan » signifie « bavard » en français.
« Charlatan » vient de l’italien « ciarlatano » qui signifie charlatan en français.
Le lien entre l’étymon italien « ciarlatano » et l’espagnol « charlatan » (« bavard ») est qu’un charlatan parle beaucoup.

Concurrencia  :
« Concurrencia » signifie "assistance" en français et non « concurrence ».
« Concurrencia » vient du latin « concurrens, entis ».
« Concurrens, entis » signifie se joindre, courir de manière à se rassembler sur un point.
Le lien entre l’étymon latin « concurrens » (« se joindre » ) et l’espagnol "concurrencia" (« assistance ») est que pour porter assistance a quelqu’un il faut se joindre à cette personne.

Carpeta :

  • "carpeta" signifie « chemise » en français
  • Etymologie : vient du français "carpette" qui désigne une sorte de tapis.
  • Ce sont tous deux des objets faits en tissu servant à recouvrir quelque chose.

Carta :

  • "carta" signifie lettre en français
  • Etymologie : vient du latin " charta" qui désigne une feuille servant à l’écriture(en papyrus).
  • Ce sont des objets faits de papier destinés à l’écriture.

Le verbe espagnol " aprobar " :

  • " aprobar " signifie en français " réussir ".
  • " aprobar " vient du latin " aprobo ", qui lui-même vient de " probo ".
  • " probo " signifie " trouver bon ".
    « aprobar » renvoie au sens latin d’ « aprobo » : Quand on trouve qu’une chose est bonne, c’est qu’elle est réussie.

Le mot espagnol " arena " :

  • " arena " signifie en français " sable ".
  • " arena"en espagnol vient du latin " arena ".
  • " arena " signifie " sable "
    Le mot espagnol renvoie au sens de l’étymon latin.

"Sol" signifie "soleil" en français et non "le sol" (il est donc un faux-ami) ;
il vient du latin "sol, solis, m" qui signifie "soleil, la lumière du soleil".
L’étymon évoque le soleil, sa lumière, la journée. Ce mot est employé de la même manière par les espagnols que par les romains, il a le même sens.

"Decada" signifie "décennie" en français (c’est un faux-ami) ;
il vient du latin "decas" qui signifie "décade" qui signifie une période de dix jours.
L’étymon évoque d’une décade soit une période de dix jours. Ce mot a évolué, aujourd’hui, il est employé par les espagnols pour parler d’une décennie, soit une période dix ans. Il a évolué mais garde presque le même sens. Dix jours, dix ans, on retrouve la notion de durée.

Entender :
Signifie “comprendre” en français.
Vient du latin “intendere” qui signifie “être attentif à ; se concentrer” .
Cela a bien un lien avec la compréhension, si on est attentif on comprend ( le fait d’être attentif permet de comprendre) .

Asistenta  :
Signifie « aide ménagère ; aide familiale » en français
Vient du latin « adsisto » qui signifie « aider »
La signification latine a bien un rapport avec l’espagnol qui évoaque l’action d’aider quelqu’un à faire quelque chose ou dans un domaine quelconque.

Asomar  :
Signifie « apparaître » en français
Vient du latin « adsumo » qui signifie « apparaître »
Les mots ont la même signification en latin et en espagnol qui est l’action d’apparaître, se montrer.

Probar  :
Ce verbe espagnol signifie « prouver » en français.
Il vient du latin « probare » qui signifie « mettre à l’épreuve, éprouver ».
On voit le lien entre « probare » (épreuve) et « prouver » car, dans une épreuve, on teste ses qualités morales, athlétiques …

Restar  :
Ce verbe espagnol signifie « soustraire » en français. On pourrait penser qu’il signifierait plutôt « rester ».
Il vient du latin « restare » qui signifie « refaire, réparer ».

Exprimir  :
Ce verbe espagnol signifie « presser, comprimer » en français. On pourrait penser qu’il signifie plutôt « exprimer ».
Il vient du latin « exprimere » qui signifie « faire sortir en pressant ».
On voit le lien entre « exprimere » (faire sortir en pressant ») et « presser » car, lorsque quelqu’un sort en se pressant, c’est qu’il se dépêche.

"divisar" veut dire "apercevoir" et non "diviser", c’est donc un faux ami ! ; il vient du mot latin " divido" sont infinitif est "dividere" , qui lui-même signifie "distinguer". En espagnol, le sens de l’étymon est légèrement modifiée : distinguer devient apercevoir une personne.

"embarazo" veut dire "grossesse" et non "être dans l’embarras", c’est donc un faux ami ! Il vient du celte « barr » qui signifie « la huppe », la marque distinctive de certains oiseaux. Ces deux mots rappellent une idée de famille

Le mot « salir  » :
– « salir » signifie en français « sortir »
– « salir » vient du latin « salio »
– « salio » signifie en français « sauter, bondir »
– l’étymologie évoque le fait de se déplacer en sautant ou en bondissant, il a pu évolué en mouvement de sortie, on peut sortir en sautant , le mouvement d’un lever rapide.

Le mot « marchar  » :
– « marchar » signifie en français « marcher, partir »
– « marchar » vient du français « marcher », qui vient lui même de l’ancien francique « markôn ».
– « markôn » signifie en français « poser une marque »
– l’étymologie évoque le fait de laisser son empreinte dans le sol, il a pu évoluer en marche, car quand on pose une marque, c’est que l’on se déplace.
On a donc le rapprochement entre l’étymon et le faux ami, laisser son empreinte et marcher signifient à peu près la même chose.

Le mot « entretener » :

– « entretener » signifie en français « amuser, distraire »
– « entretener » vient du latin « intra » et « teneo »
– « intra » signifie en français « à l’intérieur » et « teneo » signifie « tenir »
– l’étymologie évoque le fait, mot à mot, de « tenir à l’intérieur » , de « remuer » quelqu’un de dans son intérieur, de le distraire.

"Enseñar" signifie "enseigner".
Il vient du latin populaire "insignare", « poser des signes ».
L’origine en latin est le gardien des insignes.
Le professeur enseigne donc il partage son savoir avec les autres. Un insigne est une vertu singuliere, une marque distincte. Le professeur est le gardien du savoir.

"Tarjeta" signifie "carte".
Il vient du latin "charta" :
L’origine en latin est "le papier sur lequel on écrit".
On écrit sur une carte comme sur le papier sur lequel on écrit.