Un manoir intrigant

par Anna BORRAS

Un manoir intrigant

Je m’appelle Alice, je vis dans les Landes avec mon père car ma mère est morte. Un jour, elle est partie acheter du pain mais elle n’est jamais revenue. On l’a retrouvée morte dans le fleuve. J’étais tellement choquée que je ne pus pleurer.

Aujourd’hui, c’est un jour d’hiver, il fait très froid. Je vois de ma fenêtre de la fumée qui parcourt le ciel. Je crois qu’il existe une légende qui raconte qu’en pleine forêt des Landes il y a un manoir où sont venus des milliers d’enfants malades. Mais il me semble qu’ils ne sont jamais repartis ! Il semblerait qu’ils soient morts ? Cette légende est-elle réalité ou histoire ? Je suis intriguée par cette fumée car elle peut avoir un rapprochement avec cette légende. Donc je décide alors d’aller voir. Je crie à mon père :
« Je vais faire un tour dehors !
- Ok ne rentre pas trop tard ma chérie ! »

Il est à peu près dix-huit heures. J’attrape mon écharpe et mon bonnet et me voilà bien engagée pour aller voir ! Il me semblait proche ce manoir, mais à chaque fois que je m’approche, il semble s’éloigner de plus en plus. Enfin, j’arrive dans une allée. J’aperçois une grande porte entre-ouverte et je crois deviner dans l’ombre un escalier plus étroit que celle-ci. Je m’apprête à rentrer et tout à coup, elle se referme brusquement, presque sur moi ! Il commence à faire sombre, le noir gagne cette forêt qui paraît de plus en plus inquiétante et effrayante. Il me semble que mes doigts sont gelés, je n’arrive pas à ouvrir cette porte !

Soudain j’entends ou il me semble entendre une voix qui m’attire derrière ce manoir. La frayeur m’envahit, je commence à trembler ! Je ne sais pas pourquoi mais je suis attirée par cette voix. Je prends mon courage à deux mains et je m’élance derrière cette vieille bâtisse. Je vois distinctement une fenêtre mal fermée. Je commence à courir pour arriver à l’ouvrir sans qu’elle me claque au nez. Je pousse délicatement la fenêtre, celle-ci grince. Je passe d’abord ma tête, mon buste et mes jambes. J’arrive dans une pièce assez petite, avec de la poussière partout, et des toiles d’araignées. Les meubles sont recouverts de grands draps blanc sauf un, une grande armoire du dix-neuvième siècle avec de vastes miroirs incrustés dans ce bois poussiéreux. Je cherche mon reflet dans le miroir mais je ne le trouve pas ! J’ai peur, je me retourne mais la fenêtre n’y est plus, pourtant, elle apparaît toujours dans la glace ! Terrifiée je cours, cherchant une issue pour rentrer chez moi. Essoufflée, mon cœur bat très vite, j’ai chaud, je m’évanouis.

Je me réveille dans un lit, je sais que je suis encore dans le manoir mais je ne comprends pas comment je suis arrivée là ! Un garçon mystérieux assis à côté de moi, me regarde. Il me fait crier « au secours ! ». Il me fait des gestes et je comprends qu’il est muet. Il me semble à peu près de ma taille, à peu près de mon âge mais il est chauve. Il est habillé avec un tee-shirt gris taché, un pantalon noir troué et effilé. Il a une vieille ardoise avec une craie blanche dans les mains. Je lis « Je ma paille Oscar ». Il me la donne et en effet il y avait écrit cela. Par contre je constate qu’il fait des erreurs d’orthographe alors j’efface l’ardoise et je marque « Je m’appelle Oscar » en le montrant du doigt. Il me fait un signe positif de la tête. Je lui réponds « Moi, c’est Alice ». En se passant l’ardoise, nous créons un dialogue :
« Pourquoi suis-je arrivée là que m’est-il arrivé ?

  • Tu étais au sol inanimée alors je t’ai prise dans mes bras et je t’ai portée jusqu’à ce lit.
  • Mais qui es-tu ? Dis-je. » Oscar ne répond plus, il me fait un signe de la main droite disant de le suivre. J’obéis. Le plancher grince, les rideaux déchirés volent avec le vent.

Je traverse des couloirs sombres et des escaliers plus étroits et sales les uns que les autres, on dirait un labyrinthe. Enfin nous arrivons dans une très grande pièce ronde, avec une dizaine de grandes armoires recouvertes avec les mêmes draps blancs. Il les enlève les uns après les autres sauf un. J’aperçois les miroirs sans le reflet d’Oscar, je panique, je ne sais toujours pas qui est Oscar. Le manoir est étrange, il doit être minuit ! Il me fait signe d’aller au milieu de ces grands meubles. J’hésite, que va-t-il me faire ? Mais j’obéis une deuxième fois. Je me rapproche de plus en plus vers le milieu. J’aperçois des têtes puis des corps dans les miroirs. Je panique mais j’y vais quand même. Je reconnais le boulanger, le facteur et mon voisin qui sont morts, l’un brûlé, l’un écrasé, l’autre par son grand âge… Je me demande pourquoi ils sont dans ces armoires mais ce que je sais c’est qu’ils sont bien morts et que ce sont des gens du village. Oscar m’écrit :
« Il en reste un, sais-tu qui c’est ?
- Non, répondis-je.

  • C’est ma mère. » Il retire le drap et je m’effondre ! C’est ma mère ! Je repense au moment où Oscar m’a dit « C’est ma mère » ! Oscar est mon frère ? Pourquoi mon père ne m’en n’a pas parlé ? Ou, s’est-il trompé ?

Emma et Victoria