Un air de famille

par Anna BORRAS

Un air de famille

Je vais te raconter l’histoire de mon enfance, de mon passé…
Ma mère était critique d’art et voulait absolument que je fasse partie du métier des arts plastiques et pour que j’y parvienne elle m’inscrivit dans un club de peinture.
Mais tu comprendras au cours de l’histoire la cause de mes absences au club…

C’est là que commence mon histoire…

Moi, Jérémy, treize ans, élève de quatrième E au collège Victor Hugo de Lyon, j’habite en banlieue lyonnaise à côté de ma seule amie, Malory, qui m’accepte comme je suis ; car je suis de nature très réservée.

Un jour de semaine, Malory vint me chercher pour que nous nous dirigions vers le collège. Lorsque nous arrivâmes, je subis comme à mon habitude les moqueries de mes camarades « populaires » comme le dit tout le monde, car j’étais souvent tout seul.

A deux heures de l’après-midi, je me rendis dans la salle de Mr Légitimus, mon professeur d’arts plastiques. Le cours se déroulait ordinairement et, encore et toujours, je fus le dernier à sortir de la salle. Quelque chose m’interpella ; il me semblait que quelqu’un me fixait, c’était une sensation bizarre.

La semaine d’après, à la même heure, je me rendis au cours de Mr Légitimus et, à la fin de l’heure je fus de nouveau le dernier à sortir de la pièce. Je ressentis encore cette sensation étrange d’yeux rivés sur moi. Je me retournai pour voir si quelqu’un me regardait mais je me dressais seul dans la pièce ! Je ne compris pas vraiment ce qu’il m’arrivait. Alors je me mis en tête d’oublier cette histoire. Mais je ne m’attendais pas à ce que la semaine suivante, la sensation soit plus intense que la fois précédente. Effectivement, je me retournai et j’eus l’impression qu’un tableau m’observait avec un regard noir !

Ce tableau se trouvait au fond de la salle et j’avais la sensation que de là où il se trouvait, il pouvait contempler tous les recoins de la pièce. C’était le portrait d’une vieille femme. Elle avait de longs cheveux blancs, des yeux très foncés comme la nuit noire et angoissante. Elle ressemblait étrangement à ma mère …

J’hésitais à en parler à Malory, à qui je me confiais par habitude, mais je m’y résignai car mes soupçons n’étaient pas fondés.

J’attendis deux semaines de plus pour voir si le scénario se répétait. Pas de nouveaux signes étranges…

Un Jeudi soir, à la fin des cours, je pris le bus numéro douze pour me rendre à mon club de peinture et arrivé là-bas, j’hésitai à ouvrir la porte car cela me rappela le tableau dans la salle de Mr Légitimus mais, pour ma mère, je franchis le seuil :

« Que se passe-t-il Jérémy ? me demanda Sarah, mon professeur de peinture.

  • Non rien… lui répondis-je gêné.
  • Es-tu sûr ? m’interrogea-t-elle.
  • Oui, oui, ne vous inquiétez pas ».

Le cours se déroula bien, mis à part que je n’appréciais pas trop la peinture. En rentrant chez moi, je vis ma mère et ma petite sœur en train de feuilleter l’album photo de famille. Alors je m’installai auprès d’elles. Ma mère me montra une photo de ma grand-mère. Cette photo me rappela le portrait de la vieille femme dans la salle de mon professeur d’arts plastiques. Je décidai alors d’emprunter la photo pour comparer les deux portraits pendant le cours de
Mr Légitimus.

Le cours d’arts plastiques arriva. Je m’assis comme d’habitude à côté de Malory et décidai de lui parler de mon étrange sensation quant à ce tableau. J’avais à peine commencé que le professeur me surprit en train de bavarder et me déplaça au fond de la salle à une table seule.

Je n’étais pas très rassuré à l’idée d’avoir le tableau derrière moi. Et là, j’entendis une voix étrange…

« Alors petit, tu ne me reconnais pas ? » me dit cette voix suspecte.

J’inspectais la salle dans tous les recoins pour voir d’où venait ce son. Mais rien ni personne ne semblait m’avoir adressé la parole.

Soudain une main terrifiante se posa sur mon épaule. Je poussai alors un cri d’effroi.

Toute la classe se retourna vers moi et le professeur me dit : « Jérémy, ton carnet ! ».

Je lui donnai immédiatement et me dépêchai de retourner à ma place.

« Désolée de t’avoir dérangé » dit une voix féminine.

Il me sembla reconnaître la voix de ma grand-mère. Mais d’où venait-elle ? Peut-être du tableau ? Je me retournai d’un geste brusque vers celui-ci pour voir s’il avait bougé ne serait-ce d’un millimètre. Mais rien !

J’attendis alors la fin du cours pour pouvoir comparer les deux portraits. Quand le cours fut terminé, je m’approchai du tableau, sortis la photo de ma poche et pus constater que les deux visages se ressemblaient comme deux gouttes d’eau. Puis je remarquai que la tenue de la personne semblait identique. Je décidai alors de regarder la signature du tableau, qui se trouvait en bas à droite de l’œuvre et reconnus alors les initiales de ma grand-mère, qui étaient I. F.

C’est à ce moment-là que je compris pourquoi ce visage de femme m’obsédait autant ! En revanche pourquoi me regardait-elle ainsi ? Pourquoi me parlait-elle ? Ce tableau était-il hanté ?

Lïana et Nina