Le soir d’Halloween

par Anna BORRAS

Le Soir d’Halloween

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C’est le jour d’Halloween, un vieil homme raconte, comme chaque année, à ses petits enfants, l’histoire qu’il a vécue…

Comme chaque année, je préparais Halloween. Je posais des fausses toiles d’araignée dans mes arbustes, j’accrochais des squelettes en plastique au tronc de mes arbres. Ensuite, j’allai au Supermarché acheter des bonbons, mon déguisement de Dracula et une citrouille.

Quand je fus rentré chez moi, je mis les bonbons dans une coupelle et je me mis à sculpter ma citrouille. Je lui fis des yeux en triangle, sombres et inquiétants, une bouche édentée avec des dents pointues comme celles d’un requin, et pour finir je plaçai une bougie au coeur de la citrouille. Je la posai sur mon pallier, je finis quelques décorations dans le jardin, et je partis enfiler mon déguisement.

La nuit tomba, il faisait très noir, le village était encore calme et paisible. Les enfants commençaient à faire des va-et-vient dans les maisons. J’allai ouvrir la porte pour donner aux enfants des bonbons :
« Des bonbons ou la vie ? s’écrièrent les enfants, en choeur.

  • Oh là là ! Vous me faites très peur ! Je préfère vous donner des bonbons ! » leur dis-je.

Après cela, une vieille dame déguisée en sorcière marmonna une phrase peu compréhensible à ma citrouille. Je me dis qu’elle était folle. Sur ce, elle repartit et je fis demi-tour pour rentrer. Soudain je vis la citrouille, désormais munie d’un buste, vêtue de la même chemise que mon voisin. Ce détail retint mon attention mais déjà, d’autres enfants s’avançaient dans mon jardin. Je rentrai chercher des friandises et leur en donnai, oubliant totalement l’étrange apparition du corps de la citrouille…

Environ une demi-heure plus tard, la sonnette retentit et j’allai à la porte pour accueillir les enfants. Etrangement je ne vis personne ; je regardai à droite à gauche et je vis ma citrouille avec un bras et une main : « Oh mon dieu ! Mais ce n’est pas possible ! me dis-je. Quelqu’un a voulu me faire une farce ! Ou bien … serait-ce la citrouille qui aurait sonné à la porte ? »

Apeuré, je me frottai les yeux et lorsque je les rouvris, il ne restait plus que ma citrouille, seule, me souriant effroyablement. Je secouai la tête et rentrai chez moi, ébahi. Je regardai par la fenêtre et je n’en crus pas mes yeux : les pompiers et la police étaient chez mon voisin ! Je courus me renseigner et j’appris qu’une sorte d’animal avait attaqué Monsieur Lacroix. Je me retournai et je courus jusqu’à ma maison. Ma citrouille avait bel et bien le bras de mon voisin ! Je transpirais de frayeur. Je m’enfermai dans ma maison et regardai ma citrouille… Je vis un nouveau bras et une nouvelle main ! Elle se mit soudainement à marcher sur ses mains. J’étais horrifié. Quand les enfants s’approchaient de ma maison, ils fuyaient en poussant des cris d’horreur.

Une demi-heure plus tard, la citrouille s’absenta quelques minutes, puis elle revint en courant avec des jambes et des pieds ! Mon coeur battait à cent à l’heure et je sentais des gouttes de sueur ruisseler de mon front. La silhouette était la plus étrange qu’on puisse imaginer, elle avait un bras de femme, l’autre d’homme et son torse était disproportionné par rapport à ses jambes. Le monstre frappa à ma porte. Après un temps d’hésitation, je courus me réfugier dans mon lit. La citrouille allait-elle me faire du mal ?

Elle continuait de tambouriner à ma porte de plus en plus fort. Je claquais des dents et je tremblais sous ma couette. Au bout de quelques instants, elle réussit à entrer, cassa mes meubles et brisa ma vaisselle ; c’est sûr elle me cherchait… Elle rentra dans ma chambre et me dit : « Des bonbons ou la vie ? » J’étais tellement étonné qu’elle me pose cette simple question que je lui donnai sans hésiter des bonbons. Ensuite elle partit la tête tournée vers moi à cent quatre-vingts degrés. Je me jetai sur mon lit et je m’endormis, épuisé.

Le lendemain matin, je me réveillai en pensant à la veille ; ce n’était sans doute qu’un cauchemar… J’allai dans mon salon et je vis le désordre. J’étais pétrifié ! Qu’est-ce que cela signifiait… Non ce n’était pas possible… C’était un mauvais rêve… Ou alors… Je courus voir sur le pallier de ma maison et elle était bien là, ma tête de citrouille mais… sans corps…

Théo LARRIEU et Pauline JEAN