Le secret du portrait

par Anna BORRAS

Le secret du portrait …

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Et voilà ça n’arrive qu’à moi ! Je voulais aller en vacances avec mes potes mais mes parents avaient trouvé un vieux château utilisé comme chambre d’hôtes et isolé au milieu d’une forêt. C’est-à-dire pas l’endroit idéal pour un ado de seize ans comme moi. Rien qu’en me décrivant l’endroit, je savais que mes vacances allaient se résoudre à rester sur le canapé à ne rien faire de toute la journée… Mais bon ! je m’y suis laissé emmener. Si ça pouvait faire plaisir à ma mère.

Nous arrivâmes enfin. Il fallut plus de deux heures pour arriver à destination. Tant pis, je n’allais pas m’en plaindre, nous étions arrivés, c’était déjà ça. Quand je descendis de la voiture, ce fut pour moi une incroyable découverte. Le château était immense et une tour s’élevait dans le ciel comme si elle traversait les nuages ; et toutes les terres alentours étaient verdoyantes. Décidément ce château était magnifique. Quand nous entrâmes à l’intérieur, ce fut encore plus impressionnant. Tout avait été refait : canapé en cuir blanc, écran plasma, rideaux en soie, escalier en marbre etc… Tout était d’un modernisme stupéfiant.

Cependant quelque chose ne semblait pas à sa place et attira mon regard. C’était un gigantesque tableau qui faisait toute la longueur du mur et qui devait sûrement dater du seizième siècle. Sur celui-ci se trouvait une femme qui possédait un visage contrasté, une partie était magnifique, le teint était lisse sans aucune imperfection mais livide, et la deuxième partie était calcinée, la peau s’arrachait, et laissait apparaître la chair à certains endroits. Ce tableau me donna froid dans le dos et je restai bouche bée devant cette oeuvre singulière.

Les jours passèrent et ce tableau m’intriguait de plus en plus. Un jour je décidai de m’approcher un peu plus du tableau. Je collai ma main contre celle de la femme du portrait et je sentis celle-ci m’attraper le poignet. Je me retrouvai au milieu d’une place, entourée de vieux édifices romains, qui devaient dater de l’antiquité. J’étais un peu sonné, je me demandais où je me trouvais. Je me rendis vide compte que j’étais en plein milieu de la place Saint Pierre au Vatican là où le pape Benoît XVI résidait. Je le savais parce que j’avais déjà étudié Rome en cours d’histoire-géo. Un peu chamboulé de ma mésaventure, je repris mes esprits et décidai de rentrer dans le palais.

C’était gigantesque, majestueux. Les murs étaient fermés, je me promenais dans chaque pièce toutes plus surprenantes les unes que les autres. Cependant l’une d’elle m’intrigua encore plus que les autres. C’était la même pièce que celle du château que mes parents avaient loué pour l’été. Et sans surprise, en face de moi, se trouvait le tableau de la femme qui m’avait pris par la main et m’avait entraîné avec elle ; mais celle-ci, contrairement à l’autre, avait conservé sa beauté de chaque côté du visage, et je me rendis compte avec étonnement que cette oeuvre n’était autre que la Joconde du célèbre peintre Léonard de Vinci.

Et tout à coup, une voix me chuchota a l’oreille : « splendide n’est-ce pas ? » Je me retournai en sursaut et je me retrouvai nez à nez avec la femme du tableau qui n’était autre que Mona Lisa. J’eus un long temps de réaction avant de réaliser que je me trouvais en face de la femme au sourire dont le monde entier cherche à découvrir le secret. Nous eûmes une longue conversation accompagnée d’une promenade dans le Vatican ; entraîné par la curiosité, je lui posai quelques questions :
« Que faites-vous ici ? Comment suis-je arrivé là ? Pourquoi votre portrait n’est-il pas le même que celui de mon château ?

  • Vous m’êtes d’une forte sympathie, alors je vais vous confier un secret. Je suis ici retenue prisonnière car j’ai découvert le secret du Vatican. Je vous ai fait venir car j’ai besoin de votre aide. Le tableau que vous avez vu dans le château n’est autre que ce qu’il risque de m’arriver si jamais quelqu’un d’autre que vous apprend que je connais le secret. »

Ma curiosité m’emporta de nouveau et je lui demandai ce qu’était le secret.
« Je sais qu’il y a plusieurs années, le pape a enfermé son frère Léonard de Vinci, mais pour réussir à ouvrir la pièce qui le renferme, il faut détruire ma reproduction sur toile et j’ai besoin de toi ! »

Mais à ce moment, un espion chargé de suivre Mona Lisa qui avait écouté notre conversation depuis le début, nous surprit. Prise de panique, elle me prit par la main et m’entraîna dans la pièce où nous nous étions rencontrés. Elle me dit : « Vite les gardes vont venir me chercher. Pendant ce temps, tu vas aller détruire le tableau qui me représente, compris ?! » A peine eut-elle fini sa phrase qu’un groupe de gardes et le pape lui-même arrivèrent en furie et l’attrapèrent. Le pape lui dit : « Tu n’as pas su te taire, c’en est fini pour toi, tu dois disparaître ! »

Elle cria tant qu’elle put mais après tout, qui aurait pu venir la sauver ? Je courus précipitamment me cacher avant qu’il ne m’attrape à mon tour. Par la fenêtre du château, je vis les gardes qui l’installaient sur un bûcher, et sans réfléchir, je rejoignis la salle du portrait, attrapai le tableau, courus vers la place Saint Pierre où était installée sa dernière heure. Ils allumèrent le bûcher et j’y jetai le tableau afin qu’il soit détruit. Je sentis des mains me pousser et me jeter dans le bûcher. Et là j’entendis la porte de la cellule de Léonard s’ouvrir et je vis une silhouette s’envoler dans les airs. Je fermai les yeux et quand je les rouvris, j’étais sur le canapé du château. « Etait-ce un rêve ? » Je me levai en sursaut et me rapprochai du tableau et à ma grande surprise en bas du tableau se trouvait une inscription : « MERCI… »

Joséphine LEFEBVRE et Justine WOJCIECHOWSKI