Le jour de Noël penchant dans un monde surnaturel

par Anna BORRAS

Le jour de noël penchant dans un monde surnaturel

JPEG - 877.8 ko

Moi j’ai ressenti la peur l’hiver dernier par une nuit de décembre… Je dormais paisiblement quand j’entendis, tout à coup, des carillons et les grillons chanter en choeur comme si c’était un message à me transmettre. Puis je vis peu à peu de la poussière jaune presque brillante prendre forme derrière ma fenêtre, à l’extérieur de ma maison. Quand je la vis, je crus voir un esprit qui me semblait familier. On aurait dit qu’il voulait rentrer dans la maison en me faisant signe de la main. J’en étais terrifié, mais cet esprit me donnait le goût de l’aventure. Je descendis dans la salle à manger pour lui ouvrir la porte. Au moment où je passais devant un miroir, je me regardai mais je ne vis pas mon reflet, seulement une lueur qui ressemblait à un visage familier. Je restai toute la nuit devant le miroir avec des questions plein la tête.

Soudain, je me sentis aspirée par celui-ci et je basculai dans un passage secret. Tout était vert et ensoleillé. Une rivière coulait devant moi et son chuchotement bruissait légèrement. C’est alors que je les vis : ma mère et mon père se donnaient la main et m’ouvraient leurs bras. Je me réfugiai contre eux. La chaleur de leur accueil me réchauffait le coeur et je ne prêtais pas attention à la froideur de leur corps. Je n’osais croire à ses retrouvailles : séparée d’eux depuis trop longtemps déjà, je doutais de ce que je voyais. Alors je voulus en savoir davantage et je les assaillis de questions : « Que faites-vous ici ? Pourquoi ne revenir que maintenant ? ». Blottie contre eux, j’attendais des réponses qui pourtant ne venaient pas. Ils restaient muets, malgré les mouvements de leurs lèvres, et de leurs gestes. Alors, à cause de ce silence, je fis un pas en arrière, sans pouvoir contrôler mon geste, une force mystérieuse semblait m’aspirer : comme Orphée et Eurydice, je subissais la force obscure de mon destin. Impuissante je me mis à crier de rage. Et je perdis connaissance.

A mon réveil, je vis mon frère assis devant moi, inquiet. Je me trouvais par terre dans la salle à manger. Je voulus me lever lorsque ma main agrippa un objet : c’était le portrait de nos parents. Alors je repris connaissance et lui racontai cette incroyable histoire. Il me regarda d’un air compréhensif. Puisque c’était le jour de Noël, lui aussi aurait voulu que nos parents soient là avec nous. Nous nous assîmes donc près du feu et c’est alors que mon frère me dit quelques mots qui seront à jamais gravés dans ma mémoire : « Quoi que l’on puisse vivre dans notre vie, on ne peut oublier le passé car il fait intégralement partie de notre présent et de notre futur, il nous a forgés. L’amour que nous portaient nos parents sera à jamais et pour toujours en nous, dans notre coeur. Quant à leurs visages, ils seront immortalisés dans notre mémoire. Si nous restons ensemble entre frère et soeur, notre famille restera unie pour toujours. »

Amélie COSNIER et Guénolé HUMEAU