Cette nuit

par Anna BORRAS

Cette nuit...

J’étais invité par des amis en Bretagne. La Bretagne, région remplie de plaines et... de plaines. Je n’allais pas non plus refuser l’invitation : ce ne devait être qu’un simple dîner. J’essayais de positiver en me disant que je pourrais enfin respirer un autre air que celui pollué de Paris. Enfin bref, le temps de me doucher et j’étais déjà en retard. Je filai dans ma voiture et fis la route à toute vitesse. Au bord de la route, le long de la côte, je vis des ruines bien curieuses, au bord des falaises, qui m’intriguaient au plus haut point. Bien sûr, même si j’allais vite, je ne serais pas arrivé à temps si j’avais visité ces ruines. Je dus donc sacrifier cette découverte pour un dîner... assez mitigé. Le poisson était fade et les blagues de mon ami aussi. Je fis tout mon possible pour m’extirper de ce pétrin. Enfin je partis, expliquant que j’étais fatigué. Étant donné que je n’étais pas très satisfait de ce dîner, je n’eus aucun remord à propos de ce mensonge. Je me dirigeai vers la voiture.

Pour le bon air, ça aussi c’était raté. Il était humide. Et frais. En même temps, il pleuvait des cordes. Dans la voiture, je regardai ma montre. 23H00. Je n’allais pas quitter la Bretagne sur un mauvais souvenir. Pas sur celui là...

J’arrivai à hauteur de ce que je pensais être des ruines. Je reconnaissais la côte, les arbres... Mais les ruines avaient fait place à une grande maison éclairée qui semblait habitée. Je fus intensément troublé à l’idée que les ruines avaient disparu. Je les avais vues et j’en étais persuadé. Je décidai d’y entrer. Il y avait de la lumière, donc les éventuelles personnes qui y habitaient ne devaient pas dormir. Sur la porte, il y avait une grande clé. Je la tournai et entrai. L’intérieur était bien aménagé et en parfait état. Il y avait un grand salon, une cuisine et un escalier. Je crus voir une boule noire descendre l’escalier, courir jusqu’à une fenêtre et sortir. Je commençai à avoir vraiment peur de cette maison. Je me rassurai en imaginant que ce n’était qu’un chat. Je criai pour voir s’il n’y avait personne. Personne ne se manifesta. Je décidai de monter.

L’étage était constitué d’un grand couloir et de nombreuses portes. A peine j’en ouvris une que des craquements se firent ressentir en bas. Il y avait quelqu’un, c’était sûr, ou quelque chose... Je pris ce que j’avais sous la main, un vase qui était posé sur une petite table, et je descendis à toute vitesse, ce qui est une réaction qui n’appartient qu’à moi. Autre chose que seul moi pouvait faire, je trébuchai dans l’escalier.

Je me réveillai, la tête lourde, au milieu des ruines. La maison avait disparu. Ou alors elle n’avait jamais existé...

Nassim BAMI et Jules WAYAERT