Un drame mystérieux

par Anna BORRAS

Moi Leila Brenda, vingt ans, je vis à Paris. J’éprouve le besoin d’écrire l’étrange aventure que j’ai vécue il y a un an. C’était le samedi 30 octobre, mes amis et moi avions décidé d’aller nous promener dans la forêt, comme tous les week-ends. C’était une belle journée d’automne, la vue de tous ces arbres aux couleurs chaudes nous promettait une balade apaisante.

A l’entrée d’un petit chemin pédestre, nous vîmes une voiture arrêtée, avec un nourrisson qui ne devait pas avoir plus de deux ou trois mois assis dans un siège auto à l’arrière du véhicule, mais aucune présence d’adultes aux alentours.

Je remarquai l’étrange émotion qui marquait le visage de l’enfant. Cela était bien pire que de la peur, c’était comme de l’effroi. La portière de la voiture était arrachée, ce qui me perturba. Je pensai d ’ abord que l ’on avait abandonné le bébé, lorsque Lucas, mon meilleur ami m’interpella. Il avait remarqué des traces sur le sol comme si l ’on avait trainé quelqu’un.

Un cri suivit. Mes copains décidèrent donc d ’aller voir, mais moi je voulus rester là. J’ai alors dit qu’il ne valait mieux pas laisser le bébé seul dans la voiture mais en fait j’avais juste peur de les accompagner.
Au bout d’une heure ils n’étaient toujours pas rentrés, prise d’inquiétude, je décidai de prendre le bébé dans mes bras et de partir à leur recherche. La fin d’après-midi approchant, le soleil avait déjà bien commencé sa déclinaison, la forêt me parut beaucoup moins accueillante. L’envie de retrouver mes amis me donna assez de courage pour m’enfoncer dans la pénombre d’où des bruits inquiétants s’émanaient

Alors que je serpentais à travers les chemins sinueux, je serrais tendrement le bébé qui ne cessait de pleurer. Lorsque mon regard se posa sur un mausolée que jusqu’alors je n’avais pas remarqué. Je m’y arrêtai donc, car j’étais essoufflée. Mais je ne me doutais pas de ce qui allait se passer.

Je m’assoupis brusquement car le bébé s’était enfin endormi. Je ressentis un souffle froid dans mon dos, qui me réveilla en sursaut. J’étais en sueur. Je vis une ombre se diriger rapidement en direction de deux tombes. Je voulus lui demander si par hasard elle aurait aperçu mes camarades. Mais une fois arrivée au pied de la première tombe, l’étrange personnage avait disparu.

Curieuse, je me penchai en avant pour déchiffrer les noms inscrits dessus. Mais à ma grande surprise c’était le nom de mes amis qui y était inscrits. Je fis un pas en arrière tant j’avais peur. Je voulus vérifier si mon esprit ne me jouait pas des tours alors je me penchai à nouveau. Je revis pour la seconde fois leurs noms.

Je regardai la tombe voisine mais cette fois-ci l’effroi m’envahit, c’était mon nom qui y était mentionné…

Prise de panique je partis en courant en direction de la voiture. Je serrais si fort le bébé qu’il se remit à pleurer ce qui ne me rassura point. Une fois parvenue au véhicule j’attachai le bébé, et appuya si fort sur l’accélérateur que je crus le casser.

Lorsque je fus enfin arrivée chez moi j’installai confortablement le bébé dans ma chambre puis je descendis au salon pour appeler la police. Dès le lendemain les recherches furent lancées. Mais au bout d’une semaine on n’eut aucune nouvelle de mes amis et l’identité des parents de l’enfant restaient toujours inconnue. Il fallait se rendre à l’évidence : je ne retrouverai jamais mes amis. Des questions se bousculaient dans ma tête avaient-ils réellement existé ? Les ai-je seulement rêvé ? Mais pourtant le bébé, lui est bien réel…

Quelques mois plus tard je m’étais attachée à l’enfant, et je décidai donc de l’adopter. Les démarches furent laborieuses, mais le juge m’accorda finalement le droit d’adoption.

Aujourd’hui je suis comblée mais il m’arrive encore de repenser à cette fameuse nuit, beaucoup de questions restent sans réponse... Il me faudra un jour annoncer à mon enfant ses origines mystérieuses... Comment m’y prendrai-je ? Encore une question sans réponse pour le moment.

Marine et Théo