Le secret de Mykérinos

par Anna BORRAS

Durant mes vacances en Egypte, l’hiver dernier, je suis allé voir le Sphinx comme on me l’avait conseillé. Après plusieurs heures de marche pour trouver le monument antique, je l’aperçus enfin et le trouvai très beau.
Quelques minutes plus tard, je tournai la tête et découvris une pyramide magnifique. Je demandai à un touriste s’il savait comment elle s’appelait  :
« Quoi, tu ne le sais pas ?! Enfin, tout le monde connaît la pyramide de Mykérinos  !! »
Puis il s’en alla.
Je me dirigeai alors vers la pyramide. Arrivé devant l’entrée, je trouvai un guide qui me demanda  : « Voulez-vous visiter la pyramide de Mykérinos ? Ce sera cent Dollars. »
Malheureusement, j’avais mis tout mon argent pour payer l’entrée sur le site alors je repartis… avec une idée derrière la tête...
Le soir, je me cachai derrière l’un des rares buissons du site, en attendant que les gardes de la pyramide s’en aillent.
J’entrai alors discrètement à l’intérieur de la pyramide. Je me perdis très souvent avant d’arriver enfin dans une salle qui se révéla être un tombeau. A l’intérieur, il faisait noir. J’allumai une lampe de poche que j’avais pris soin d’emmener avec moi. Et je pus enfin voir ce qu’il y avait autour de moi. Les murs étaient recouverts de fresques qui représentaient des divinités monstrueuses de l’Egypte ancienne. Au milieu de la pièce se trouvait le sarcophage du pharaon Mykérinos. Les décorations étaient tellement monstrueuses que j’étais parcouru de frissons à chaque fois que je les regardais. Je n’allais pas rester plus longtemps ici. J’allais repartir quand soudain, la porte se referma avant que je puisse sortir. Ne trouvant aucune issue, malgré une longue recherche, je pris­­­­­ la décision d’attendre l’ouverture de la pyramide, le lendemain matin. Mais soudain les monstres des décorations se mirent à s’animer dans leurs fresques et à pousser des hurlements effrayants. Ils bougeaient de plus en plus si bien qu’ils finirent par sortir du mur. Ils s’approchèrent lentement de moi en gémissant les bras tendus comme des zombies. Ils étaient horribles à voir !
Je reculai contre le mur. Les monstres étaient à présent tout près de moi et je ne pouvais plus reculer. J’étais pétrifié de terreur.
Au moment où ils allaient m’attraper, j’entendis un bruit sourd et de la fumée apparut derrière les monstres, qui se retournèrent. Je vis alors une silhouette se dresser. Je ne la distinguais pas bien à cause de la fumée. Puis cette silhouette s’approcha des monstres et prononça des paroles dans une langue qui m’était totalement inconnue.
Brusquement, comme s’ils obéissaient à un ordre, les monstres s’éloignèrent de moi pour retourner sur leur mur.
Alors, je vis la silhouette plus distinctement qu’auparavant car la fumée avait presque totalement disparu. La créature était hideuse. Son corps était recouvert de bandelettes blanches et sa peau, que l’on pouvait apercevoir aux quelques endroits qui n’étaient pas recouverts par le tissu, était totalement desséchée. Je supposai que je me trouvais face à la momie du pharaon.
Celle-ci s’approcha de moi et tendit vers moi le bâton qu’elle avait à la main, en prononçant des paroles qui ressemblaient à une formule magique. Je ressentis à ce moment précis une douleur atroce à la tête.

Je me réveillai avec cette même douleur à la tête, mais moins forte. J’étais allongé sur le sable à côté de la pyramide. J’eus du mal à me rappeler les événements. Ce n’était bien entendu pas crédible, mais je ne voulais pas me risquer à retourner à l’intérieur pour vérifier. Alors je pris mes jambes à mon cou et m’enfuis à travers le désert en espérant atteindre le Caire au plus vite. Même si tout cela ne s’était peut-être jamais réellement passé, je ne voulais pas rester dans ce pays maudit un jour de plus. Je voulais le quitter ! Définitivement !

Albert et Bastien