Texte de Louise Gec

La licorne

par Sandrine BAZILE


Je me réveillai, ce matin là avec un mal de tête dont je ne pouvais me débarrasser. Je me dis que ce n’était que passager, mais petit à petit une bosse se forma sur ma tête et mes pieds devenaient de plus en plus durs. La bosse ressortait de ma tête au fur et à mesure que la journée passait et bientôt une autre se forma dans le bas du dos. En fin de matinée, une petite touffe de poils se forma, sur cette bosse qui s’allongeait encore et encore .
Mes cheveux poussaient beaucoup plus vite que d’habitude et c’est là que je compris vraiment qu’il se passait quelque chose d’étrange ! Mon dos se courbait et mes bras et mes jambes se changèrent en pattes qui, aux extrémités portaient des sabots ! Je devenais très lourde ! Et je n’osais plus sortir de ma chambre !
Juste à côté, dehors, il y avait un étang, je sortis ma tête par la fenêtre pour voir si quelqu’un se trouvait dans le jardin... personne ! Je sortis et allai devant l’étang pour me regarder comme dans un miroir......ce n’était pas une petite fille que je regardais mais une belle licorne ! Je ne savais pas si il fallait que je sois heureuse ou le contraire. D’un côté, je n’étais plus une jeune fille et je n’aurais sûrement plus jamais de copines mais de l’autre, j’étais une magnifique licorne avec un beau pelage une belle crinière...
Et là, une peur me prit tout d’un coup, comment dire ça à mes parents, comment pourraient-ils croire qu’une licorne puisse parler !! Je me posais beaucoup de de questions . Au moment où je rentrais dans ma chambre j’entendis frapper à la porte, et une voix me dit « Je peux entrer ??? », c’était ma mère je lui répondis : « euh attends ! Je m’habille ... » Mais ma mère comprit à ma voix que ça n’allait pas car de petits henissements se glissaient entre mes mots ! Que dire ?? Je lui dis d’entrer, je n’avais pas le choix. Elle ouvrit la porte et aperçut l’animal : moi !
Elle cria et me fâcha ne se doutant pas que c’était moi !
« Je t’avais déjà dit qu’aucun animal ne devait rentrer dans cette maison ! Montre-toi, où es-tu ? 
Je.. je.... je suis ...là ! Je me suis.... métamorphosée ! », lançai-je timidement, en ayant toujours aussi peur.
Ma mère, bouche bée, m’observa de bas en haut et de droite à gauche. Elle avait reconnu ma voix car j’arrivais quand même à glisser quelques mots avec ma voix de jeune fille. Et elle descendit tout expliquer à mon père qui monta à son tour m’observer ! Il eut lui aussi du mal à y croire, je savais ce qu’ils se disaient : leur fille avec une queue, une crinière, rien d’humain ! Quelle horreur !Une petite larme coula sur sa joue et elle vint me prendre dans ses bras !
C’est comme cela que ma vie reprit peu à peu son cours : mes parents espéraient tous les jours me voir descendre avec des bras des jambes, comme j’étais avant.